Festival international de jardins 2020, les métissages de Métis malgré la pandémie.

Source, v2com newswire
L’édition 2020 du Festival international de jardins des Jardins de Métis s’est faite discrète en cette année si particulière, qui restera ancrée dans nos mémoires, individuelle et collective. Bien que les cinq équipes de concepteurs, choisies parmi 200 à la suite de l'appel de candidatures international, n’aient pu se déplacer jusqu’à Grand-Métis en juin dernier, l’équipe du Festival a tout de même construit leurs installations afin que les visiteurs des Jardins de Métis puissent profiter dès cette année des « métissages » qu’ils avaient imaginés pour eux.

Dans le contexte des jardins contemporains, les métissages, thème de l’édition spéciale 2020, peuvent être ceux de pratiques (architecture de paysage, conception de jardins, architecture, arts visuels, design industriel, art culinaire ou autres domaines d'expression créative), de plantes (indigènes ou exotiques) ou de matériaux (naturels, vivants ou manufacturés). Cette mixité d'approches enrichit et excite, créant de nouvelles opportunités d'exploration, telles que présentées ici.


Nouveaux jardins 2020
Augmented Grounds
Augmented grounds

de Soomeen Hahm, architecte, Jaeheon Jung, architecte et Yumi Lee, architecte paysagiste Séoul (Corée du Sud)

L’installation s'inspire de l'écharpe traditionnelle de la nation métisse des plaines de l'Ouest, et représente l'harmonie grâce à des cordes colorées qui sont étroitement posées sur un terrain sculpté.

Les conceptrices sont particulièrement intéressées par l'exploration d'une écologie harmonieuse entre l'homme, l'ordinateur et la machine. Elles se concentrent actuellement sur les moyens de construire des formes complexes par des humains pour développer des processus de construction qui ne peuvent pas être réalisés entièrement par l'automatisation, ni par le travail humain.

 
Corps de résonance

de Charlotte Barbeau, designer,  Leila Desrosiers, designer, Félix Roy, designer de l’environnement et Jean-Benoit Trudelle, stagiaire en architecture Montréal (Québec) Canada

Cette folie musicale prend forme dans une clairière de la forêt. Les visiteurs se déplacent dans et autour de cet instrument géant, qui prend vie en vibrant aux sons de la forêt.

Charlotte Barbeau, Leila Desrosiers et Félix Roy sont des designers de l’environnement, diplômés de l’École de design de l’UQAM. Jean-Benoit Trudelle est diplômé d’une maîtrise en architecture de l’Université de Montréal. Ils se sont réunis pour ce projet afin de créer une équipe multidisciplinaire, capable de raisonner entre l’objet, l’architecture et le paysage.

 
ENTWINE

de Waiyee Chou, architecte paysagiste et Carlos Portillo, architecte paysagiste Toronto (Ontario) et Montréal (Québec) Canada

L’intégration d’une ancienne technique de nouage du macramé permet de mettre en valeur des variétés de plantes hybridées pour l'horticulture. À l'intérieur d'une spirale, les visiteurs sont libres de se promener pour voir de près les éprouvettes.

Waiyee Chou et Carlos Portillo sont diplômés d’une maîtrise en architecture du paysage de l'Université de Toronto. Waitee a travaillé, entre autres, chez Urban Strategies, section de l'aménagement urbain de la ville de Toronto, et chez Forest and Field Landscape Architecture. Carlos est architecte paysagiste chez Claude Cormier et Associés, il travaille actuellement à la conception et à la construction d'un parc pour le centre-ville de Toronto.

 
Forêt corallienne

de Lucie Bulot, architecte et Dylan Collins, concepteur Montréal (Québec) Canada  
Une barrière de corail d’un autre genre prend forme le long d’un sentier. Une communauté de calcaire s’enracine dans le boisé avec un métissage de formes qui crée un paysage insolite et une nouvelle communauté hybride.

Lucie Bulot est architecte d’intérieur HMONP, diplômée de l’École nationale supérieure d’architecture (ENSA) de Paris-Val de Seine. Dylan Collins est architecte DE, diplômé de l’ENSA Paris-Malaquais. Ils vivent et travaillent à Montréal depuis 2019. Leur travail collaboratif commence en 2017 avec la réalisation du jardin Éternelles éphémères au Festival International des Jardins de Chaumont-sur-Loire. En 2019, ils créent Neiges éternelles, dans le cadre de l’événement Passages Insolites présenté dans le Vieux-Québec.

 
(Mé)Tissages 

de Duc Truong, architecte
Strasbourg (France)

Un paysage tissé qui invite les visiteurs à pénétrer dans un espace créé par un accrochage de cordes colorées. Ce jardin expérimental rassemble les visiteurs autour d’une installation entre l’architecture et la nature. Une invitation à se questionner sur le tissage des liens entre les communautés.

Duc Truong est un architecte français diplômé de l’École d’architecture de Strasbourg. En 2017, il cofonde le collectif d’architectes Figures vives et part à Tokyo pour travailler à l’agence Sou Fujimoto Architects, où il développe une réelle sensibilité pour le métissage de l’architecture et de la nature. Après un an et demi passé au Japon, il décide de rentrer en Europe et poursuit son apprentissage de l’architecture chez O.M.A. (Office for Metropolitan Architecture) de Rotterdam au Pays-Bas.

 
JARDINS EXTRA-MUROS
Roof Line Garden 

de Julia Jamrozik et Coryn Kempster, artistes et designers canadiens basés à Buffalo, dans l’État de New York

Le ruban de barricade, qu’on a pu abondamment voir dans les aires de jeux publiques pour en interdire l’accès au printemps dernier, est ici utilisé à l’inverse pour inviter les visiteurs du Musée de la civilisation dans le Vieux-Québec à gravir les marches menant au toit-terrasse. Les couleurs de cette troisième édition sont inspirées d’une mouche à pêche d’Elsie Reford. Quelques accessoires de pêche de la collection des Jardins de Métis sont également présentés dans l’exposition, Histoires de pêche.

Julia est professeure adjointe au département d’architecture de l’Université de Buffalo, et Coryn est professeur auxiliaire adjoint. Travaillant en collaboration depuis 2003, ils s’efforcent de créer des objets, des espaces et des situations qui transfigurent le quotidien de façon ludique et hautement stimulante. Leur travail a été récompensé par le League Prize de l’Architectural League of New York en 2018.

 
Ressac 

de Mégan Dorigo, Aurélie Martel, Audrey Sambeau et Mireille Simard, finissantes du Diplôme d’études supérieures en design d’événements de l’Université du Québec à Montréal (UQAM)

Fruit d’une collaboration entre l’UQAM, le Partenariat du Quartier des spectacles (PQDS) et le Festival international de jardins, l’installation Ressac se déploie jusqu’à la fin octobre dans l’espace public adjacent à l’édicule du métro Saint-Laurent à Montréal.

Un jardin sec représente la grève alors qu’une passerelle en bois clair, rappelant le bois flotté, traverse celui-ci. Épousant la ligne de désir formée par les passants, le tracé sinueux s’inspire aussi de la forme de l’embouchure de la rivière Mitis, voisine des Jardins de Métis, qui se jette dans le fleuve.

Le soir, l’horizon se dégage alors qu’un film est projeté sur le mur de brique qui, de jour, s’interpose entre le regard du passant et le fleuve, à peine un kilomètre plus au sud. La projection nous transporte au-delà de cette limite en amorçant une conversation entre corps et fleuve, incarnée par la danseuse Ivanie Aubin-Malo.

 
À propos du Festival international de jardins 
Le Festival international de jardins est le plus important festival de jardins contemporains en Amérique du Nord. Depuis sa création en 2000, plus d’un million de visiteurs ont été touchés et inspirés par quelque 200 projets innovateurs.

Présenté sur le site des Jardins de Métis, aux portes de la Gaspésie, le Festival est un véritable laboratoire d’innovation à ciel ouvert. Il établit un réel dialogue entre l’histoire et la modernité, entre la conservation, la tradition et l’innovation. L’événement propose chaque année des créations réalisées par des architectes paysagistes, architectes et concepteurs de divers horizons, dans un environnement naturel en bordure du fleuve Saint-Laurent.

https://www.festivalinternationaldejardins.com/