Place de la gare Jean-Talon


PLACE DE LA GARE JEAN-TALON

PROJET DE DESIGN - CONCEPTION - RÉALISATION-MILIEU URBAIN

Honneur régional 
PRIX D'EXCELLENCE de l'Association des architectes paysagistes du Canada (2003)
Lauréat catégorie urbanisme
PRIX IDM 2003 de l'Institut de Design Montréal

 

Client  Les Propriétés Provigo Limitée

Localisation   Place de la Gare Jean-Talon, Montréal, Québec
Année de conception  1999-2001
Année de réalisation  2001
Architectes paysagistes Élise Beauregard et Benoît Gaudet, Arbour, Berthiaume & Beauregard
Entrepreneur général, sous-traitants  Groupe Pomerleau, Aménagement Côté Jardin, Pavatech

 

contexte

 

 

La Gare et le site stratégique qu’elle occupe s’étaient gravement détériorés après l’interruption de l’activité ferroviaire dans les années 80’. La ville de Montréal a lancé un concours d'idées pour sélectionner un promoteur qui tout en créant un projet commercial ou résidentiel devait aménager un parc et restaurer la gare. Daniel Arbour et Associés et son équipe d'architecture de paysage Arbour, Berthiaume & Beauregard a préparé le concours gagnant pour la compagnie Loblaw et obtenu le mandat de conception et de gestion de l’ensemble du projet.

Le défi du projet résidait dans la création d’un paysage retrouvé et réinterpréter dans un langage simple et élégant, fidèle à son passé glorieux et actuel par l’expression d’un design net et épuré. L’intervention de l’architecte paysagiste a été déterminante pour deux principes majeurs de planification soit la préservation des vues vers la gare et la création d'un espace vert structurant pour le développement du quartier.

La place comportait des contraintes de design et de réalisation techniques parce que située presqu’en totalité en toit-terrasse au dessus d'un stationnement souterrain ce qui limite le choix de plantation d’arbres.

concept

L’architecte paysagiste a donc utilisé le principe d’un vaste parterre qui sert de présentoir à la gare et d’espace de détente et de jeux. Le parterre est entouré de chambres vertes comportant différentes ambiances. Du côté de la rue, les arbres sont plantés en plein sol et font office de zone tampon et d’espace de détente et du côté du magasin on retrouve des arbres plantés dans des bacs inclinés sur le toit-terrasse du stationnement souterrain et servent de transition entre les fonctions institutionnelles et commerciales du lieu.

Le choix des matériaux s’est fait sur la base du respect des critères de résistance au vandalisme, adaptabilité à des exigences d’entretien minimum et évidemment concordant à un budget limité. La réussite du projet réside dans l’utilisation intensive de la place et par le respect du plan original des lieux .

 

                   

 

 

La vertu de ce projet a été de permettre, par l'implantation de la Place dans son axe visuel original (à partir d'une ré-interprétation des grandes règles de perception de l'aménagement des jardins classiques français), de lier et d'intégrer de façon exemplaire et définitive la notion de commerce de grande surface (à titre de marché, surface de 70 000 pi.ca.) et de lieu patrimonial - voire une gare à caractère hautement symbolique -, dans un contexte politique de méfiance venant de la part des gens du quartier et de la population montréalaise en général.

Non seulement la Place a retrouvé sa raison d'être aux côtés de la Gare (et vice-versa) redonnant à celle-ci son prestige et sa splendeur d'autrefois, elle est devenue l'élément perceptible prioritaire rendant possible l'appropriation immédiate des lieux, par des gens qui a priori, ont été contre toute intervention.

En reprenant son sens original dans le tissu de la ville, la gare est non seulement redevenue équipement public, elle a acquis un nouveau rôle de porte de quartier, où s'est développé un sentiment d'appartenance fort ayant pour effet toute la revitalisation d'un quartier défavorisé de la ville.

références

Élise Beauregard