Centre sportif de Gatineau

 

CENTRE SPORTIF DE GATINEAU

CONCEPTION - DESIGN
MILIEU URBAIN

Mérite national
Concours d'Excellence de l'Association des architectes paysagistes du Canada (AAPC), 2011

Client  Ville de Gatineau
Localisation  850, boulevard de la Gappe, Gatineau
Architectes paysagistes   NIP paysage: Michel Langevin, Josée Labelle, Mathieu Casavant, Mélanie Mignault
équipe technique: Claude Cournoyer, Georges-Étienne Parent, Émilie Bertrand-Villemure
Collaborateurs architecture: Lapointe Magne et associés
architecture verte: L'OEUF
ingénieurs civils: Vinci Consultants
ingénieurs structure: Nicolet Chartrand Knoll Ltée
Artiste Francine Larrivée
Entrepreneur  Décarel inc.
Année de réalisation  2010


contexte urbain /
aménagement du site

 


Le projet tisse des liens urbains et met en valeur le domaine public tout en assurant une organisation claire et fluide des composantes du programme d'architecture lié au paysage. 

Cette volonté est exprimée concrètement en concevant un bâtiment littéralement traversé par le paysage. La Traverse piétonne parcourt diagonalement l’ensemble du site; elle relie l’entrée du boulevard de la Gappe à la future station Rapidbus, et donne aux visiteurs et citoyens libre accès au hall d’entrée.

  Ce grand axe piéton relie deux entités paysagères, c'est-à-dire une place publique en façade et un grand espace vert contribuant à la vie du centre sportif, à l'animation des interfaces avec les institutions en place, la Maison de la culture, le Cégep de l’Outaouais, la Place de la Cité et à la qualité du milieu de vie de l'ensemble du quartier en développement.

architecture de paysage /
concept d'aménagement

 

Le concept de l’aménagement du site, en symbiose avec le bâtiment, oppose deux paysages, sec et humide, qui prolongent l’esprit des grands gestes architecturaux. En réponse à une inspiration du territoire auquel appartient le projet, la stratégie d’aménagement préconisée révèle, manipule et interprète certaines particularités et enjeux du paysage typique de la région de la vallée de l’Outaouais. Un paysage de contraste entre deux éléments dominants : les basses terres de la vallée de l’Outaouais sillonnée par la rivière des Outaouais s’opposent aux collines du Bouclier canadien, montagnes érodées au fil du temps.

Tel un grand sentier, une passerelle parcourt le site : c’est la Traverse piétonne, véritable colonne vertébrale rattachant les éléments du site, les paysages sec/humide et le bâtiment, tout en offrant un lien piétonnier public à l’échelle du quartier. Cette structure en béton et en caillebotis de métal est la voie d’entrée au bâtiment sportif et dans l’expérimentation propose une introduction dans l’action de la marche panoramique.  

La portion de terrain au sud que libère l’implantation du bâtiment récupère « in situ » à 50% les terres de déblai résultant du creusage de la fondation et crée une grande butte verte qui dans son façonnement propose une diversité d’expériences. Le paysage de colline propose un couvert arborescent abondant et varié tiré de la flore locale pour créer l’esprit forestier propre à la région. Cet espace s’accède par deux sentiers, l’un reliant le stationnement à la Traverse piétonne et l’autre en prolongation crée dans l’ensemble un parcours tel une piste d’hébertisme. Quatre placettes publiques en pierre ponctuent le trajet et offrent la possibilité de prendre une pause.
Le pourtour propose une stratégie de drainage naturel se traduisant formellement dans l’élégance inspirée d’un lit de rivière. Ces bassins de rétention captent les eaux du stationnement et de la rue d’accès. Un couvert végétal adapté aux conditions variables d’humidité propose une variété d’espèces indigènes dont certaines plantes possèdent des propriétés filtrantes. Cette pièce paysagère se transforme au gré du débit des eaux de pluies et s’apprécie autant par périodes sèches qu’humides.
En façade du bâtiment, la finale du paysage humide s'exprime à travers l'aménagement d'une place publique. L'espace civique se trame sur un motif d'ondes circulaires rappelant la texture de la pluie sur la surface de l'eau. L'unité de pavage de béton est à ces fins utilisé comme un méga pixel et utilise le procédé graphique de pixellisation pour tracer le motif.

intégration des arts /
extension du paysage

Inspiration, Expiration : Le Dépassement
œuvre de Francine Larivée
texte de Francine Larivée

Tous les possibles: Des signes, des formes à même les lieux construits du bâti et du paysage. Un Earth work juxtaposé au bâtiment est circonscrit dans le paysage urbain. Contraste fort, audacieux, qui lie à la fois l’intention écologique de récupération d’un sol habituellement considéré comme jetable, laissé pour compte, et l’émergence en milieu urbain d’un espace vert inédit. Décrypter le sens de ce paysage anguleux, géométrique, sans courbe, coupé au couteau. Ai-je déjà vu un paysage semblable façonné par la main de l’homme? Une sablière, une carrière et ses chemins contournant chaque niveau? Non, quelque chose à caractère symbolique, une mémoire d’édifications anciennes…, des pyramides déjà vues au Yucatan, enfouies sous les végétaux. Comme si après avoir extirpé du sous-sol sa substance, pour bâtir le lieu du dépassement, déposée juste à côté, on avait créé avec elle un site dont l’archétype contribue à amplifier le sens des lieux, tout en mettant en place une peau végétale qui constituera l’écosystème où la vie reprendra ses droits. 

Qui prolonge à travers ciel: Chaque élément de l’œuvre, témoin de l’esprit des lieux, participe de cette approche mais aussi de ses formes, prolongeant les cimes suggérées, et signale cette volonté de reconstituer le milieu naturel. Ce que je lis de ce lieu qui m’invite m’incite à y poser un geste avec celui des architectes, in situ dans la nature, à partir des signes qui s’offrent. L’œuvre relève la beauté de cet espace naturel inventé et souligne la dimension symbolique de son ossature, à jamais cachée par elle. 

Le déploiement:  Dans la trajectoire de l’espace parcouru, j’ai choisi de privilégier le haut des pentes existantes pour y signifier la beauté de l’ossature du paysage qui tantôt sera effacée par les végétaux qui structureront le sol et favoriseront la vie. Cinq sculptures, des triangles scalènes plus ou moins dressés, prolongent le faîte de certains points hauts du paysage. Ils font miroir, puis élévation, à même les pentes qu’ils investissent, qu’elles soient trapèzes, parallélogrammes ou triangles. Les perspectives offertes par les lignes élancées et pures des plaques, en équilibre avec leur environnement, couronnent la vision du site tout en participant à un subtil dialogue avec lui.

développement durable /
aménagement environnemental

réalisé de concert avec les architectes l’OEUF et ingénieurs Vinci Consultants
Le projet s’inscrit dans une démarche de développement durable avec l’obtention, pour son ensemble, de la certification LEED argent.  Au point de vue de l’aménagement du paysage, la création de collines récupère 50% des terres de déblai de l’excavation, offrant ainsi une marque tangible de l’approche innovatrice de la philosophie de développement durable. Des bassins de rétention aux abords du bâtiment permettent l'écoulement d'une partie des eaux du site et des eaux de toitures. L'utilisation de toitures vertes sur la partie centre du bâtiment réduisent les îlots de chaleur et la consommation énergétique pour la climatisation.

références

crédit photo

NIP paysage

Michel Brunelle