Bassin de rétention des eaux pluviales du parc Schulz


LE BASSIN DE RÉTENTION DU PARC SCHULZ : UN PROJET DE PAYSAGE

PROJET DE DESIGN – RÉALISATION : PUBLIC

 

Prix Clé des eaux - région du Québec

Bureau d’assurance du Canada (BAC) et Fédération canadienne des municipalités (FCM), mai 2010
 

 

Nom du client  Ville de Saint-Jérôme
Architecte paysagiste  Yvan Lambert, architecte paysagiste – urbaniste, agent à la planification et au design urbain, direction générale adjointe, Ville de Saint-Jérôme : concept général du projet
Autres professionnels

André Arata, architecte paysagiste, Plania (consultant) : plans et devis des travaux d’aménagement, surveillance des travaux;
Simon Brisebois, ingénieur, chargé de projet, service de l’ingénierie, Ville de Saint-Jérôme : conception et supervision de la réalisation des travaux;
Steve Chaumont, ingénieur, LBHA (consultant) : modélisations hydrauliques;
Ronald Dubé, ingénieur, Dessau (consultant) : plans et devis des travaux d’ingénierie civile, surveillance des travaux

Localisation  Parc Schulz : secteur nord (situé entre les rues Schulz, Labrèche et de Chambly), Ville de Saint-Jérôme
Année de conception Juillet 2006
Année de réalisation 

Novembre 2006 : Début des travaux
Juillet 2008 : Fin des travaux (ingénierie civile)
Septembre 2009 : Fin des travaux (architecture de paysage)

Coûts de construction

250 000$ (travaux d’ingénierie civile et d’architecture de paysage)

Superficie

Le bassin de rétention a une capacité de 5 400 m³ (8 300 m²).
La superficie totale du site aménagé est de 19 250 m²

Matériaux

La digue du bassin de rétention est constituée d’argile et de terreau
Arbres, arbustes et plantes aquatiques indigènes
Ensemencement hydraulique (mélange A : milieux humides et mélange B : graminées avec 10% de trèfle)
L’œuvre sculpturale est constituée d’un assemblage de gabions et galets de rivière

Mise en œuvre L’implantation du bassin de rétention a été faite en conservant le milieu naturel existant (boisé) et en créant un marais filtrant

 

synthèse du projet 

  • Approche pluridisciplinaire : l’architecte paysagiste, l’ingénieur et l’urbaniste ont été réunis autour de la même table dès le début du projet et on travaillé en collaboration
  • Approche multifonctionnelle apportant une plus-value : le bassin de rétention a été réalisé comme un projet de paysage : utilitaire (égout pluvial), écologique (marais filtrant), récréatif (sentiers et aire de repos) et allégorique (sculpture de gabions et galets de rivière)
  • Développement durable : gestion des eaux de ruissellement et du développement résidentiel avec une vision à long terme et globale par bassins versants de drainage plutôt qu’au cas par cas ou par limites «artificielles» de propriété
contexte

Dans les projets résidentiels de grande envergure, la Ville de Saint-Jérôme favorise depuis quelques années la rétention des eaux de ruissellement plutôt que d’envoyer ces mêmes eaux immédiatement à l’égout pluvial, dans le but de protéger l’environnement et de diminuer les coûts de développement (réduction du diamètre des conduites d’égout sur de longue distance). 

Le bassin sert à contrôler les inondations et à pleine capacité le niveau d’eau peut y augmenter d’environ 1.5 m et contenir un volume d’eau de 5400 m³.  Le bassin a été conçu pour contenir des charges hydriques de récurrence 0-50 ans (pluie de durée de 3 heures) pouvant être occasionnées par des pluies diluviennes ou une fonte subite de la neige au printemps. 

En faisant preuve d’ouverture d’esprit et en acceptant le «risque» d’y créer un marais filtrant et d’utiliser la totalité du bassin de rétention aussi à d’autres fins (pas seulement un ouvrage d’infrastructure) le bassin est devenu un projet innovateur. 

En dépassant l'aspect simplement utilitaire du projet et en proposant également d’autres fonctions et niveaux de lecture, le projet du bassin de rétention du parc Schulz devient une composition paysagère, un projet de paysage. 


Illustration d'Alain Rozières

résultats

L’approche respectueuse du site lors du design et de la construction du bassin de rétention a permis de conserver la presque totalité du milieu naturel (boisé).  L’implantation du bassin a été faite en tenant compte de la topographie existante en installant une digue plutôt que de creuser un trou.  Cette approche non traditionnelle a permis une économie de ± 200 000 $  (pas de dynamitage et déblais, pas de conduite d’égout surdimensionnée, etc.). 

La présence du boisé apporte une certaine fraicheur aux résidents lors des canicules estivales et permet de lutter contre l’effet «ilot de chaleur» dans ce milieu urbain et la conservation du couvert forestier a permis de réduire l’érosion résultant des eaux de ruissellement lors de fortes pluies. 

L’aménagement du bassin de rétention avec un marais filtrant (profondeur d’eau permanente de 0.3 m contrôlée par un régulateur de débit) et la plantation de végétaux indigènes (arbres, arbustes, graminées et plantes submergées et flottantes) a permis, en pleine ville, d’augmenter la biodiversité avec l’arrivée d’une faune variée (grenouilles, canards, hérons, etc.) et la présence de nombreux insectes (papillons, abeilles, libellules, etc).  Cette faune attirante a aussi contribué à augmenter l’achalandage du site et le nombre d’enfants et adultes à visiter le bassin et le parc Schulz.  

Un choix approprié de végétaux résistants au climat local a permis de réduire les coûts d’entretien annuel et le mélange de graminées (gazon) et fleurs sauvages utilisé contient au moins 10% de trèfle (fixation de l’azote du sol et attraction des insectes polinisateurs) et est de faible hauteur de pousse ce qui permet de faire la tonte seulement 2 fois par année. 

Un sentier, circulant dans le boisé, au fond du bassin, relie la rue Schulz à la rue Chambly et est ponctué d’une aire de repos donnant vue sur le marais filtrant. 

Entre la rue Schulz et le bassin, une œuvre sculpturale constituée d’un assemblage de gabions et galets de rivière, rappelant une rupture symbolique de la digue, s’offre aux visiteurs. 

L’ajout des fonctions récréatives et écologiques à celle utilitaire de l’infrastructure d’égout pluvial n’est donc pas incompatible.  La réalisation du bassin de rétention du parc Schulz le démontre clairement. 

      

publications

Vidéo de présentation du projet :
http://www.youtube.com/watch?v=CGQJCTXPluU
«Prix Clé des eaux – région du Québec»
Bureau d’assurance du Canada (BAC) et Fédération canadienne des municipalités (FCM), mai 2010

Boucher, Isabelle, «La gestion durable des eaux de pluie : Guide de bonnes pratiques sur la planification territoriale et le développement durable», ministère des Affaires municipales, des Régions et de l’Occupation du territoire (MAMROT), 2010, pages 29, 40, 48, 80 et 81
http://www.mamrot.gouv.qc.ca/publications/amenagement/guide_gestion_eaux_pluie_partie_1.pdf
http://www.mamrot.gouv.qc.ca/publications/amenagement/guide_gestion_eaux_pluie_partie_2.pdf 

Lambert, Yvan, «Un bassin de rétention comme projet de paysage», Urbanité, juin 2008, pages 35 à 37. 
http://www.ouq.qc.ca/documents/URB2008-06.pdf

référence

Yvan Lambert, architecte paysagiste – urbaniste
ylambert@vsj.ca